Le projet StarCity a pour ambition de créer un véritable nouveau morceau de ville à Haren. Colruyt Group et citydev.brussels misent pour cela sur la mixité fonctionnelle verticale avec des commerces et activités productives au rez-de-chaussée, ainsi que des logements conventionnés aux étages.
Par Marie-Eve Rebts
Mêler des logements à des activités économiques et productives, cela peut sembler banal mais ce n’est pas si courant dans les projets immobiliers neufs. Surtout lorsqu’on parle de combiner ces différentes fonctions verticalement, dans un même ensemble… C’est pourtant ce que prévoit le projet StarCity à Haren, sur un terrain situé le long de la chaussée de Haecht. Ce programme conçu par Silhouet architects comprend en effet un socle de 5.000 m2 qui accueillera un magasin Colruyt et six commerces de proximité au rez-de-chaussée, tandis que les autres 16.200 m2 du projet seront occupés par trois ateliers de production et 88 logements acquisitifs conventionnés. A la manœuvre de ce projet atypique, on trouve un duo tout aussi inédit composé de Colruyt Group et citydev.brussels. Pour remplir ses deux missions que sont créer du logement abordable et des espaces pour les entreprises, ce dernier initie généralement lui-même des projets immobiliers ou lance des appels aux développeurs.
Dans le cadre de StarCity à Haren, la démarche était différente puisque c’est la filiale immobilière de Colruyt group, propriétaire de la parcelle, qui a manifesté son désir de trouver un partenaire pour le volet résidentiel. « La parcelle a la particularité d’être en Zemu – zone économique en milieu urbain – ce qui veut dire que Colruyt était tenu d’y construire aussi des logements », explique Benjamin Cadranel, administrateur général de citydev.brussels. « Nous avons répondu à l’appel car nous étions intéressés de créer un morceau de ville avec non seulement du résidentiel, mais aussi des activités productives. » A la base, les Zemu ont en effet été créées pour maintenir des activités productives à Bruxelles et favoriser le logement abordable, notamment en utilisant des terrains un peu moins coûteux. « Ce mélange peut paraître étonnant et le milieu immobilier était assez sceptique au départ, mais je crois très fort à cette formule et à la mixité fonctionnelle verticale qu’on développe à StarCity », confie Benjamin Cadranel. « En ville, les logements au rez-de-chaussée sont peu agréables car ils souffrent davantage des nuisances sonores et bénéficient de moins d’ensoleillement, de plus ils n’animent pas beaucoup la rue. En les faisant monter à six mètres de haut, on règle ces problèmes et on permet aux commerces et activités productives de s’implanter au rez, là où ils ont le plus de visibilité et de facilités logistiques. Il y a donc un matching potentiellement bon, mais il faut se mouiller et y croire. »
Limiter les besoins de déplacement des habitants
Colruyt et citydev.brussels ne sont visiblement pas les seuls à croire dans cette recette, puisque la Ville de Bruxelles a aussi contribué au projet. Afin que les logements conventionnés puissent être vendus à des tarifs réduits, elle a mobilisé une partie des charges urbanistiques du projet (300.000 euros) pour aider à l’achat du foncier, ce qui est une première. StarCity comportera aussi quelques logements classiques et privés qui favoriseront la mixité, ainsi que 195 places de parking, 454 emplacements de vélo ou encore une zone verte à l’arrière du bâtiment, au-dessus du socle commercial. « Je pense qu’on développe cette parcelle de la manière dont on devrait développer globalement la planète : en zone urbaine, avec des surfaces de pleine terre généreusement plantées, en densifiant là où on peut construire – ici on monte en rez plus six – et en limitant les besoins de déplacement des habitants puisqu’ils auront beaucoup de choses à proximité », estime Benjamin Cadranel.
La zone autour du projet rassemble entre autres le siège de l’Otan, la Sabca ou encore l’Ecole des étoiles, et l’ambition affichée par StarCity est de transformer cet endroit relativement isolé en partie intégrante de ville où l’on peut se loger, faire ses courses ou encore travailler. Reste à voir si la mixité et la proximité des différentes fonctions entraîneront davantage de bénéfices que de potentielles nuisances, mais Benjamin Cadranel se veut confiant à ce sujet : « La cohabitation entre logements, commerces et activités productives en ville génère des tensions lorsqu’elle n’est pas prévue en amont. Mais elle peut fonctionner de manière harmonieuse si le projet a été pensé dans cette optique, notamment au niveau visuel et acoustique comme c’est le cas ici. » Actuellement le site est en cours de démolition et dépollution, et les constructions devraient être finalisées d’ici 2028 ou 2029.