Si le centre-ville fait face à une multitude de cellules vides, tout n’est pas perdu pour autant. Depuis janvier, les ouvertures de commerces se multiplient également. Et Liège fait également face à un phénomène de déménagements, qui amplifie erronément l’impression de vide commercial.
Par Geoffrey Wolff
Si les high streets liégeoises que sont Vinâve d’Île, Pont d’Île et rue des Dominicains ne se portent pas au mieux et affichent toujours un taux de cellules vides impressionnant, la situation commerciale de la Cité ardente n’est pas si noire qu’elle n’y paraît, estime, chiffres à l’appui, Fabrice Drèze, l’échevin de l’Attractivité touristique et commerciale.
Entre le 1er janvier et le 31 mars derniers, 90 nouvelles enseignes ont en effet ouvert leurs portes à Liège. « Et hors night-shops, précise-t-il. Mais cette dynamique ne concerne pas uniquement le centre-ville, elle concerne aussi les Guillemins, Bressoux, Rocourt et Saint-Léonard. » Parmi ces ouvertures récentes figurent notamment Medi-Market au sein de l’Îlot Saint-Michel, Ciao Ragazzi rue du Palais, le Nicoli rue Lulay des Fèbvres, Papa Soda quai de la Goffe, la Rive boulevard d’Avroy ou encore l’Élysée boulevard de la Sauvenière.
La preuve pour l’échevin que l’attractivité de la ville est toujours bien là. Et qu’elle va même grandissant malgré un contexte difficile. « Mais je ne veux pas occulter la réalité, précise-t-il. On fait face aussi à beaucoup de fermetures. » Qui sont souvent plus visibles que les ouvertures, mais ne témoignent pas toujours de la mauvaise santé des enseignes. Certaines sont en effet prévisibles. « On a enregistré plus de pop-up stores en cette fin d’année. Or, par définition, ce sont des magasins éphémères, qui ont arrêté leurs activités après la période des fêtes. »
Dynamique positive
Et d’autres commerces ont opté pour un déménagement « stratégique ». Un phénomène en pleine expansion, qui témoigne d’une dynamique positive, mais n’est pas toujours visible au premier regard. Pearle Opticiens a ainsi migré vers la rue Pont d’Île, 8 Grams s’est installé dans la rue Sébastien Laruelle, Bôgosse a quant à lui troqué la rue du Mouton Blanc pour la rue Saint-Adalbert. Et les exemples de ce type sont légion. Certains ont opté pour une surface plus grande, d’autres pour un quartier plus en phase avec leur secteur d’activité, « et tous constatent aujourd’hui une augmentation de leurs chiffres de fréquentation et de vente », se réjouit l’échevin liégeois.
Le commerce « physique » est donc loin d’être moribond en Cité ardente, même si la vacance commerciale reste un problème de taille dans les artères les plus cotées. « Mais en Vinâve d’Île, le McDo devrait ouvrir début août. Il va amener plus de passage, ce qui pourrait attirer d’autres enseignes par la suite », espère M. Drèze.
La désertion des high streets est très souvent liée aux loyers exorbitants qui y sont pratiqués. Et sur ce point, la marge de manœuvre des pouvoirs publics est limitée. Mais des contacts sont quand même en cours avec plusieurs propriétaires, pour tenter de les sensibiliser au contexte compliqué dans lequel évoluent maintenant la plupart des enseignes. Et ça commence à payer…
« Le propriétaire d’une trentaine de rez-de-chaussée commerciaux vient ainsi d’accepter de réduire ses loyers de 40 %, indique M. Drèze. Alors qu’une seule de ces surfaces est vide actuellement. » Pour d’autres par contre, ces contacts s’avèrent plus compliqués, « mais, dans le cadre de l’accompagnement des candidats commerçants, ceux-ci sont notamment sensibilisés aux loyers moyens pratiqués dans les différentes artères commerçantes. Ce qui leur permet de disposer d’éléments de comparaison et d’un levier de discussion avec les propriétaires. »
Enfin, une idée commence à faire son chemin : celle des loyers progressifs. Plusieurs acteurs immobiliers importants commencent ainsi à jouer le jeu, en proposant un loyer réduit durant les premières années d’activité. « Et nous travaillons également sur le précompte immobilier, termine Fabrice Drèze. L’idée serait de le réduire dans les artères où la vacance commerciale est la plus grande. Le périmètre doit encore être défini précisément, mais la mesure devrait surtout concerner l’hypercentre. »